Le blog de l'IRW-CGSP a été modifié afin de mettre à disposition des documents de réflexion en vue de préparer les débats du Congrès.
Jeudi 1 mai 2008 4 01 /05 /Mai /2008 10:13
 Corinne Gobin, chercheur qualifié FNRS, directrice du GRAID à l’Institut de Sociologie

Les forces progressistes en Europe, dont une partie des syndicats, qui soutiennent le projet de « traité constitutionnel » le font parce qu’elles sous-estiment complètement la signification politique, la force juridique et l’impact symbolique de ce document. La construction européenne a toujours été présentée dans les manuels d’histoire comme une belle histoire de fraternisation entre les peuples, celle du genre « il était une fois…et ils se marièrent et furent heureux jusqu’à la fin des temps ». De celle que l’on raconte pour endormir les peuples, il est urgent de se réveiller, d’oser aller voir ce qui se trouve derrière l’encens, les couronnes de laurier, les voiles et les airs de luth.

Les forces progressistes en faveur du « oui » n’ont pas compris ce qui, de façon fondamentale, était en jeu à travers l’adoption de ce texte. La confrontation entre « nationalistes » et « européanistes » n’est que très marginale, contrairement à ce que de nombreux médias se complaisent à décrire. Nous sommes plongés au cœur d’une confrontation pour définir ce qu’est une société et ce qu’est un pouvoir politique. A ces questions : « comment vivre en société », les réponses fournies par le projet de traité s’organisent en un arsenal redoutable pour imposer à l’échelon du continent européen, et ce pour une durée illimitée, un déni du contrôle démocratique et du suffrage universel, la négation du droit des peuples à l’autodétermination. Ce texte organise en fait une contre-démocratie.



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Publié dans : Construction européenne
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