Partager l'article ! Salve davertissement dans toute la France: Les manifestations exigeant le retrait pur et simple du Contrat Première Embauche ont claireme ...
Avec le retrait du CPE (Contrat Première Embauche) pour unique mot d’ordre, 187 manifestations ont rassemblé, hier, mardi 7 février, environ 500 000 personnes dans toute la France, selon les estimations de FO en début de soirée (218 000 selon la police, décompte partiel cité par l’AFP peu avant 20h). Quelque 50 000 manifestants étaient dénombrés à Paris, 30 000 à Marseille, 15 000 à Toulouse et 10 000 à Montpellier. En province comme dans la capitale, était remarquée, aux côtés des jeunes et des militants, la présence de non-syndiqués, se disant «écœurés» par CPE et CNE (Contrat Nouvelles Embauches) et autres CDE (Contrat Dernière Embauche), institutionnalisations successives de la précarité par tranches d’âges, histoire pour le gouvernement de sectoriser la contestation.
La netteté de l’avertissement a contraint le Premier ministre, qui avait tenté de prendre de vitesse la mobilisation en accélérant la procédure d’examen du projet, à réagir aussitôt en déclarant à l’Assemblée: «j'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas». On sait ce qu’il en est de ses capacités d’écoute: le gouvernement de M. de Villepin n’en fait qu’à sa tête et pratique la politique du fait du prince. Et de plus «à la hussarde», selon les mots du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui marchait aux côtés des dirigeants lycéens et étudiants, à l’instar des autres responsables syndicaux tels que Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Gérard Aschieri (FSU). Une réunion doit d’ailleurs, dès vendredi, décider de la suite à donner au mouvement.
"Si le Premier ministre accélère la cadence, nous accélérerons la mobilisation", a assuré Bernard Thibault, le numéro un de la CGT tandis que pour l’UNEF, principal mouvement étudiant, «cette première journée de manifestations lui a démontré que la jeunesse et les salariés de ce pays ne voulaient pas de son contrat première embauche». Car, compte tenu de la préparation des examens partiels des étudiants et les vacances scolaires, la mobilisation des jeunes était d’importance. Ce dont se sont félicités leurs syndicats. Ainsi la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), qui constate le «succès de cette première étape de la mobilisation», et «mettra tout en œuvre pour continuer à mobiliser les étudiants jusqu'au retrait pur et simple du projet de loi».