PARIS (AP) -- A un peu plus d'un mois du référendum sur la Constitution européenne, le camp du «oui» panique. Alors que le «non» flirte avec les 60% d'intentions de vote, la Commission européenne «s'inquiète» et Lionel Jospin entre en campagne. Gerhard Schroder sera quant à lui mardi à Paris pour donner un coup de main à Jacques Chirac.
Pour la première fois, le «non» a franchi la barre des 60% (62,3%) dans un sondage Market-Tools publié vendredi par «Metro». La veille, une étude de BVA pour «L'Express» le créditait de 58% des voix, en hausse de cinq points en dix jours.
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PARIS (AP) - Le "non" au référendum sur la Constitution européenne l'emporterait avec 58% des voix, en hausse de cinq points en dix jours, selon un sondage BVA rendu public jeudi et à paraître vendredi dans "L'Express". C'est son plus haut niveau depuis un peu plus d'un mois. Ainsi, seuls 42% des sondés voteraient "oui", en baisse de cinq points par rapport au précédent sondage réalisé les 8 et 9 avril. C'est son plus bas niveau depuis le retournement de tendance qui s'est produit dans l'opinion le 17 mars dernier. Cette montée du "non" vient exclusivement des rangs de la gauche, où il progresse de sept points à 66%. Les électeurs du PS sont notamment 62% à déclarer qu'ils voteront "non" (+5 points). A contrario, les intentions de vote restent inchangées à droite, hormis l'UDF où le "oui" atteint 66% (+5) et l'UMP où il s'établit à 69% (+1). De plus, 44% des personnes interrogées disent souhaiter la victoire du "non", contre 36% qui veulent que le "oui" l'emporte. Quelque 29% n'ont toutefois pas exprimé d'intention de vote. AP
Réunis avant-hier à Luxembourg, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq ont exprimé leurs inquiétudes devant la perspective d'une victoire du non en France. «Ce serait un désastre politique, surtout pour les futurs élargissements», a estimé le ministre slovène. «Cela aura des conséquences pénibles pour la Pologne», a ajouté Marek Belka, le premier ministre polonais. «On aura une crise qui conduira à une Europe à deux ou plusieurs vitesses.» De son côté, le ministre français Michel Barnier a prévenu : «On en restera aux traités actuels. Il n'y aura pas d'autre Constitution, pas d'autres discussions, avant très longtemps.»
A Bruxelles comme à Paris, évoquer l'hypothèse d'un «plan B» en cas de non français relève du sacrilège. «Il n'y a pas de plan B !», assure le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier. «Aucun plan B ne circule, surtout pas chez nous», répond, en écho, la Commission européenne. Cette réaction est compréhensible. Les partisans du oui craignent de faire grimper le non en donnant crédit à un scénario de substitution. Quand ils parlent des conséquences d'un non, ils annoncent une «crise politique», un «séisme», mais restent flous sur les issues. Mais ce jeu de cache-cache ne saurait durer, ne serait-ce que pour rassurer les marchés financiers, qui détestent l'incertitude.
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