Le blog de l'IRW-CGSP a été modifié afin de mettre à disposition des documents de réflexion en vue de préparer les débats du Congrès.
Jeudi 1 mai 2008

Bernard CONTER, politologue, attaché scientifique à l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS).

 

La flexicurité est devenue un des thèmes centraux de la stratégie européenne pour l’emploi. Le plaidoyer européen en faveur de la flexicurité repose sur le constat, maintes fois répété, de la nécessaire adaptation de nos économies européennes aux changements auxquels elles doivent faire face depuis vingt ans au moins : globalisation, exigence de compétitivité des entreprises, développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, changements démographiques, dualisation du marché du travail. Cette approche vise à concilier davantage de flexibilité et une sécurisation des trajectoires professionnelles. Elle intègre, au moins partiellement, de nombreuses priorités du discours européen en matière d’emploi : flexibilité du travail, développement de l’employabilité, coût du travail, formation tout au long de la vie.

Cet article a été publié dans la Rervue sociale.

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Jeudi 1 mai 2008
 Corinne Gobin, chercheur qualifié FNRS, directrice du GRAID à l’Institut de Sociologie

Les forces progressistes en Europe, dont une partie des syndicats, qui soutiennent le projet de « traité constitutionnel » le font parce qu’elles sous-estiment complètement la signification politique, la force juridique et l’impact symbolique de ce document. La construction européenne a toujours été présentée dans les manuels d’histoire comme une belle histoire de fraternisation entre les peuples, celle du genre « il était une fois…et ils se marièrent et furent heureux jusqu’à la fin des temps ». De celle que l’on raconte pour endormir les peuples, il est urgent de se réveiller, d’oser aller voir ce qui se trouve derrière l’encens, les couronnes de laurier, les voiles et les airs de luth.

Les forces progressistes en faveur du « oui » n’ont pas compris ce qui, de façon fondamentale, était en jeu à travers l’adoption de ce texte. La confrontation entre « nationalistes » et « européanistes » n’est que très marginale, contrairement à ce que de nombreux médias se complaisent à décrire. Nous sommes plongés au cœur d’une confrontation pour définir ce qu’est une société et ce qu’est un pouvoir politique. A ces questions : « comment vivre en société », les réponses fournies par le projet de traité s’organisent en un arsenal redoutable pour imposer à l’échelon du continent européen, et ce pour une durée illimitée, un déni du contrôle démocratique et du suffrage universel, la négation du droit des peuples à l’autodétermination. Ce texte organise en fait une contre-démocratie.



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publié dans : Construction européenne
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Jeudi 9 février 2006



Bruxelles, le 18 octobre 2005 (CISL EnLigne) : Être syndicaliste, un engagement toujours plus risqué. Selon le Rapport annuel de la CISL des violations des droits syndicaux, 145 personnes ont été assassinées de par le monde en 2004 en raison de leurs activités syndicales, soit 16 de plus que l’année précédente. Le rapport, qui couvre 136 pays des cinq continents, consigne également plus de 700 agressions violentes à l’encontre de syndicalistes, et près de 500 cas de menaces de mort.

Dans de nombreux pays, des syndicalistes continuent d’être incarcérés, licenciés et discriminés, tandis qu’un arsenal juridique est utilisé pour spolier des millions de travailleurs de leurs droits à la liberté syndicale et à la négociation collective

“Le Rapport de cette année montre jusqu’où de nombreux gouvernements et employeurs sont prêts à aller dans la suppression des droits des travailleurs pour décrocher une position compétitive sur les marchés mondiaux qui deviennent de véritables coupe-gorge», a déclaré le secrétaire général de la CISL, Guy Ryder, ajoutant «La mondialisation doit prendre un chemin complètement différent, où les préoccupations sociales et la fin de l’exploitation seront non pas en marge mais au centre du processus ".

De nouveaux tableaux statistiques dans le Rapport révèlent différents schémas de répression selon les différentes régions du monde. Le continent américain apparaît comme la région qui détient le nombre le plus élevé d’assassinats et de menaces de mort, tandis que la région de l’Asie-Pacifique compte le plus de syndicalistes derrière les barreaux. Au Moyen-Orient, où les syndicats sont totalement interdits dans certains pays, onze travailleurs ont été tués au motif de leurs activités syndicales – 7 d’entre eux au cours d’un seul incident au Liban quand l’armée a tiré à balles réelles contre des personnes qui participaient à une manifestation syndicale. En Europe - où la situation est dans l’ensemble moins dramatique - les autorités de plusieurs ex-États soviétiques cherchent activement à prendre le contrôle des syndicats.

Une fois de plus, la Colombie apparaît comme le pays le plus dangereux pour les syndicalistes, avec 99 assassinats et des centaines de menaces de mort, dans un contexte d’efforts systématiques du gouvernement pour saper le mouvement syndical. Le Rapport fait état de quinze autres assassinats dans d’autres pays d’Amérique latine.

Outre la Colombie, plusieurs autres pays sont particulièrement épinglés dans le Rapport de cette année, notamment le Belarus, la Birmanie, le Cambodge, la Chine, la République dominicaine, Haïti, l’Iran, le Nigeria, les Philippines, la Turquie, le Venezuela et le Zimbabwe.

Quatorze personnes ont été tuées aux Philippines où l’on n’a pas hésité à utiliser un bulldozer et des voitures blindées pour briser un piquet de grève. Et au Cambodge, le gouvernement est accusé de vouloir étouffer l’enquête sur l’assassinat des dirigeants syndicaux Chea Vichea et Ros Sovannareth, qui semblent avoir été provoqués par la crainte du régime de voir le pays perdre ses parts de marché sur l’échiquier du commerce international.

L’ingérence du gouvernement dans les affaires syndicales est récurrente dans plusieurs pays, notamment dans les anciens États soviétiques. Au Belarus, le régime du Président Lukashenko visa à exercer un contrôle absolu sur le mouvement syndical. Le rapport d’une Commission d’enquête de l’OIT décrit les difficultés rencontrées par les syndicats indépendants et les tactiques d’intimidation, dont la violence, utilisées contre des témoins appelés à comparaître devant cette Commission (qui a jugé le Belarus coupable de graves violations de la liberté syndicale). En Ukraine, les services de sécurité (SBU) se sont particulièrement intéressés aux syndicats indépendants, rendant souvent visite aux bureaux syndicaux, questionnant les membres et se rendant même à leur domicile. Pour l’instant, il est trop tôt pour dire si la «révolution orange» du pays amènera un changement important à cette situation. La Géorgie est également épinglée dans le Rapport, en raison du harcèlement et de la détention de syndicalistes, d’entrave aux activités syndicales et de saisie illégale du patrimoine syndical par le gouvernement.

Les travailleurs des zones franches d’exportation (ZFE) du monde, en majorité des femmes, continuent de subir une âpre répression antisyndicale. En Namibie, des chiens policiers ont été utilisés pour mettre au pas les travailleurs d’une usine textile à capitaux malaisiens, dans laquelle les infractions aux droits syndicaux sont légion ; une des employées a été sauvagement mordue au cours de la manifestation. Le Rapport inclut des cas de violation dans les ZFE aux Fidji, en Inde, aux Philippines et au Sri Lanka, démontrant l’incidence sur les droits syndicaux de la concurrence féroce et débridée qui sévit sur les marchés mondiaux. Au Bangladesh, des travailleuses qui essayaient de former un syndicat dans une fabrique de vêtements ont reçu des menaces de mort du gérant, lequel a ensuite recruté des malfrats pour tabasser ces femmes, dont 25 ont été grièvement blessées. Des hommes de main ont également été recrutés pour interdire à 186 travailleurs syndiqués l’accès à l’usine.

Sur le continent américain, des travailleurs de ZFE en Haïti, au Nicaragua et dans plusieurs autres pays ont également connu la répression antisyndicale. Dans la zone d’Ouanaminthe, située à cheval sur la frontière entre Haïti et la République dominicaine, les employeurs ont recouru à diverses tactiques, comme l’interdiction faite à des représentants syndicaux d’utiliser les toilettes au travail, le licenciement de 34 membres d’un syndicat nouvellement créé et leur expulsion de l’usine à la pointe du fusil, et le passage à tabac du dirigeant Ariel Jérôme, licencié par la suite.

Sur le continent africain, le gouvernement camerounais a poursuivi ses efforts pour diviser le mouvement syndical en favorisant les organisations de travailleurs qu’il jugeait plus faciles à contrôler, refusant d’enregistrer des syndicats qu’il estimait trop indépendants. En République du Congo également, le gouvernement a poursuivi son ingérence dans les affaires de la CSTC, en avantageant les sections du mouvement syndical qu’il jugeait plus loyales envers lui.

La Chine est l’un des pays cités dans l’avant-propos du Rapport comme un sujet de vive préoccupation. La liberté syndicale continue d’être refusée à la main-d’œuvre du pays par un gouvernement qui ne reconnaît que le syndicat officiel, lequel s’est à nouveau montré incapable de protéger les droits des travailleuses et travailleurs. Deux personnes ont été condamnées à de longues peines d’emprisonnement pour avoir défendu des syndicats indépendants sur Internet, de nombreuses protestations de travailleurs ont été violemment réprimées par la police, et un grand nombre de manifestants ont été détenus. La santé de deux importants dirigeants syndicaux incarcérés depuis mars 2002 et privés de soins médicaux, Yao Fuxin et Xiao Yngliang, s’est gravement détériorée.

Le Rapport épingle également plusieurs pays industrialisés. L’Australie est une fois de plus montrée du doigt en raison de ses manœuvres pour remplacer les conventions collectives par des contrats individuels, et pour avoir présenté une nouvelle législation visant à limiter fortement le droit des représentants syndicaux à visiter les lieux de travail. Plusieurs employeurs ont menacé de licencier des travailleurs après le refus de ces derniers de quitter le syndicat et de signer des accords individuels. Parmi d’autres pays industrialisés cités dans le Rapport, principalement pour de sérieuses lacunes dans la législation du travail, figurent le Canada, l’Allemagne et le Japon.

Les États-Unis – qui doivent encore ratifier les conventions internationales fondamentales sur la liberté syndicale et le droit de négociation collective – sont à nouveau cités pour de nombreuses infractions. Des employeurs ont fait régulièrement appel à des sociétés spécialisées en tactiques antisyndicales pour dissuader des travailleurs de voter pour une représentation syndicale, et ont utilisé des réunions de travailleurs comme plate-forme pour menacer de fermer des lieux de travail si la main-d’œuvre décidait de s’affilier à un syndicat. Certains employeurs ont même été plus loin. Le géant de la distribution au détail, Wal Mart, est devenu un véritable expert en tactiques antisyndicales, s’ingérant dans une élection syndicale en surveillant les activités syndicales des employés, les interrogeant sur le soutien syndical, déplaçant des employés d’un département à l’autre pour affaiblir ce soutien, et offrant des incitants aux travailleurs la veille du scrutin pour qu'ils votent contre la syndicalisation de leur entreprise. En dépit de l’opposition farouche de Wal Mart à la syndicalisation de son personnel, les syndicats canadiens ont réussi en septembre 2004 à organiser les travailleuses et les travailleurs d’un magasin Wal Mart situé à Jonquière au Québec, le tout premier magasin Wal Mart syndiqué dans le monde.

Il faut souligner que les pays nordiques, avec leurs solides traditions syndicales, sont absents du Rapport. La force des économies de ces pays sur les marchés mondiaux montre que le respect des droits des travailleurs peut être un fondement de réussite économique et une pierre angulaire de la démocratie.

La CISL représente 145 millions de travailleurs dans 234 organisations affiliées dans 154 pays et territoires (www.icftu.org). La CISL est également membre des Global Unions : http://www.global-unions.org

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par Laurent publié dans : Mondialisation
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Mercredi 8 février 2006

Les manifestations exigeant le retrait pur et simple du Contrat Première Embauche ont clairement signifié au chef du gouvernement le refus de sa politique d’institutionnalisation de la précarité.

Avec le retrait du CPE (Contrat Première Embauche) pour unique mot d’ordre, 187 manifestations ont rassemblé, hier, mardi 7 février, environ 500 000 personnes dans toute la France, selon les estimations de FO en début de soirée (218 000 selon la police, décompte partiel cité par l’AFP peu avant 20h). Quelque 50 000 manifestants étaient dénombrés à Paris, 30 000 à Marseille, 15 000 à Toulouse et 10 000 à Montpellier. En province comme dans la capitale, était remarquée, aux côtés des jeunes et des militants, la présence de non-syndiqués, se disant «écœurés» par CPE et CNE (Contrat Nouvelles Embauches) et autres CDE (Contrat Dernière Embauche), institutionnalisations successives de la précarité par tranches d’âges, histoire pour le gouvernement de sectoriser la contestation.

La netteté de l’avertissement a contraint le Premier ministre, qui avait tenté de prendre de vitesse la mobilisation en accélérant la procédure d’examen du projet, à réagir aussitôt en déclarant à l’Assemblée: «j'écoute ceux qui manifestent mais j'écoute aussi ceux qui ne manifestent pas». On sait ce qu’il en est de ses capacités d’écoute: le gouvernement de M. de Villepin n’en fait qu’à sa tête et pratique la politique du fait du prince. Et de plus «à la hussarde», selon les mots du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, qui marchait aux côtés des dirigeants lycéens et étudiants, à l’instar des autres responsables syndicaux tels que Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Gérard Aschieri (FSU). Une réunion doit d’ailleurs, dès vendredi, décider de la suite à donner au mouvement.

"Si le Premier ministre accélère la cadence, nous accélérerons la mobilisation", a assuré Bernard Thibault, le numéro un de la CGT tandis que pour l’UNEF, principal mouvement étudiant, «cette première journée de manifestations lui a démontré que la jeunesse et les salariés de ce pays ne voulaient pas de son contrat première embauche». Car, compte tenu de la préparation des examens partiels des étudiants et les vacances scolaires, la mobilisation des jeunes était d’importance. Ce dont se sont félicités leurs syndicats. Ainsi la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), qui constate le «succès de cette première étape de la mobilisation», et «mettra tout en œuvre pour continuer à mobiliser les étudiants jusqu'au retrait pur et simple du projet de loi».

 

par Force ouvrière publié dans : irwcgsp
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Mercredi 8 février 2006

  Seuls les combats que l'on ne mène pas sont certains d'être perdus.

 Cette phrase, souvent répétée, prend tout son sens à la veille d'actions importantes et décisives.

 L'action syndicale est capable de faire changer les choses, encore faut-il que nous soyons nombreux à en être convaincus.

 "Vivre c'est ne pas se résigner" a dit un jour Camus. En ce début d'année 2006, un seul mot d'ordre : "Il est temps de vivre".

 L'exemple des dockers

 En 2003, suite à une large mobilisation, les dockers européens glissaient un grain de sable dans la logique libérale de la construction européenne.

 En effet, chose extraordinaire, le Parlement européen faisait usage de son droit de "veto" à l'encontre d'un projet de directive sur la libéralisation des services portuaires ardemment défendue par la Commissaire en charge des transports, Loyola de Palacio.

 Le 16 janvier dernier, la veille de la discussion en séance plénière d'une "nouvelle" mouture de ce projet, les dockers européens ont, une fois de plus, arpenté les rues de Strasbourg pour faire entendre leur désapprobation.

 Résultat ? Le projet de directive a, de nouveau, été rejeté par le Parlement européen.

 Ils l'ont fait, pourquoi pas nous ?

 Depuis deux ans maintenant, nous faisons régulièrement état de l'évolution des discussions sur le projet de directive relative à la libre prestation des services dans le marché intérieur, mieux connue sous le nom de "Directive Bolkestein".

 En deux ans, nous avons, à maintes reprises, dénoncé les risques que faisait courir ce texte à notre modèle social.

 Le mois dernier, dans ces mêmes colonnes, nous rappelions qu'en commission "Marché intérieur et Protection des Consommateurs" (IMCO), les parlementaires favorables aux desseins de l'ancien commissaire Bolkestein avaient remporté une victoire importante en maintenant, notamment, le principe du pays d'origine, habilement transformé en "clause du marché unique", et en laissant les services publics dans le champ d'application de la directive.

 Notre opposition ferme à ce texte doit à présent trouver à se concrétiser, le 14 février prochain, dans les rues de Strasbourg.

 A cette date, le Parlement européen est appelé à se prononcer sur le texte. Compte tenu de la composition majoritairement à droite de l'hémicycle européen, seule une mobilisation d'envergure est à même de porter ses fruits.

 La CGSP est mobilisée

 La CGSP, largement concernée par ce projet de directive, entend prendre part de manière significative à l'action et invite ses affiliés, désireux de participer à ce rendez-vous important, à contacter leur régionale FGTB pour les modalités pratiques.

 Nous devons être nombreux à Strasbourg pour rappeler que nous nous opposons fermement à la marchandisation des services publics, au dumping social et au nivellement par le bas des conditions de vie et de travail.

 Nous irons donc manifester pour le retrait de ce projet de directive afin de réclamer, haut et fort, que la priorité doit être donnée au progrès social, aux services publics, à la protection sociale, à des conditions de travail sûres, aux statuts des agents et aux salaires.

 [1] Aragon.

 

par Laurent publié dans : Bolkestein
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